
© Charles Burns, Black Hole, No. 1,1995,2002
L’intégrale de Black Hole de Charles Burns voit aujourd’hui ses 12 volumes réunis (amen !) en un long roman illustré, si sombre qu’il donne l’impression d’avoir été dessiné à l’encre blanche sur papier noir. Une BD au souffle romanesque qui offre de profonds tiroirs qu’on tire un à un et où l’on glisse la main avec angoisse, pour toucher du bout des doigts les ingrédients des comics des 60’s (drogue et sexe) puis les matins froids des 80’s (Sida) avant d’aller un peu plus loin et d’y découvrir cette région cachée des USA – mais omniprésente dans sa vie artistique – où se retrouvent les freaks et outkasts en tous genres.
En astrophysique, un trou noir est un objet massif dont le champ
gravitationnel est si intense qu’il empêche toute forme de matière ou
de rayonnement de s’échapper. Pas d’autre alternative pour cette frange
de la population que de vivre à la périphérie de la société sans arriver à s’en extraire. Les
habitants de la forêt de Black Hole sont les James Dean d’hier, les
personnages de la plupart des films indépendants américains (on pense à
Badlands de Terrence Mallick) et des fantômes contre lesquels se sont
battus Neil YOUNG, Kurt Cobain, Johnny Cash…
Black Hole est une plongée
parabolique au cœur du 51ème état d’Amérique, dont New York est sans
doute la seule ville réelle (avec Springfield, la douce ville des Simpsons), et qui regroupe les monstres, laids,
joueurs d’échecs, drogués, artistes…pestiférés d’une société
normative.
Black Hole Crales Burns, Delcourt G. Productions,
novembre 2006, T1 à T6
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