On se régale tellement de littérature anglo saxonne qu’il est devenu de bon ton de snober la rentrée littéraire française. Je suis à chaque fois surpris de voir de gros lecteurs se mettre des frontières littéraires là où les écrivains essaient de les faire sauter. Regardez aussi sous votre nez : Martin Page. Le romancier joue sur la confusion avec son nom d’auteur anglais, le coquin, et c’est aussi révélateur du complexe ambiant face à la littérature « in english ». Bref : Martin page écrit sur le peut être d’une histoire d’amour. Pas le « peut être » des possibles à venir mais celui du doute sur la réalité d’une histoire passée.
Virgile – le prénom des aventuriers de l’intérieur d’hier et d’aujourd’hui- vient d’être plaqué, largué, jeté par Clara…salope virtuelle, mais salope quand même : il ne savait pas qu’il était avec elle et le découvre en trouvant un message de rupture sur son répondeur. Qu’on perde les sensations d’une histoire, que les souvenirs s’effacent ou qu’on les mette sous un couvercle de plomb pour revivre, très bien, la littérature en a fait son fond de commerce… Mais Martin Page, lui, traite avec humour et une forme de naïveté feinte de la douleur de Virgile d’avoir perdu celle qu’il ne connaissait pas…
Martin Page, Peut-être une histoire d’amour, Editions de l’Olivier
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