Posy Simmonds – qui est par ailleurs une très bonne chroniqueuse au Guardian- avait « commis » il y a quelques années un « Gemma bovery » (une transcription des affres de notre Emma Bovary nationale dans le milieu d’expats anglais en France). Cette illustratrice vedette du Guardian met en scène une jeune – et foutrement bandante- chroniqueuse d’un journal anglais, égratignant au passage l’esprit convenu des chroniques féminines (on pourrait parler aussi de blogs) qui s’autosatisfont de leur outrances convenues et références portées commes des broches trop clinquantes.
Mais le propos n’est pas là : la jeune chroniqueuse londonienne se retrouve parachutée – elle et son micro short en jean- à proximité d’une pension pour écrivains ! Boum ! L’histoire est, cette fois ci, inspirée de « Loin de la ville » de Thomas Hardy (qui avait comme point commun avec Flaubert de mettre en scène une province rêvée et érotisée et de bousculer l’institution du mariage et des bonnes moeurs).
Bref, on s’égare : le dessin est très surprenant, oscillant entre l’austérité d’un bleu des plus sombres (et oui qui a vécu en province sait ce qu’est un hiver sans éclairage public) et d’un rose des romances en feuilletons du 19és. Le texte est parfois plus présent que l’image : un roman graphique à plusieurs voix, plusieurs sexes, plusieurs âges qui se moque gentiment des romanciers, de leurs frustrations et rivalités.
Posy Simmonds. Denoël Graphic, 23,50 €
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