Joli Twitt cette semaine de @kfirpravda: « Twitter is like bad sex – short, many do it, few know how, and everyone are talking about it ». C’est vrai d’une grande partie de l’egosystème des réseaux sociaux comme du sexe : trop sont là pour se faire plaisir (mousser allais-je dire), là où l’on devrait donner aussi… Deux chic types que je lis régulièrement et qui mettent les infos derrière leur ego, ou l’ego au service des infos : Guy Birenbaum et Tristan Mendès France !
Henri Calet (à lire en urgence : ses romans sur le Paris populaire de la 1ère moitié du 20ème siècle « Peau D’ours », « La belle lurette », « Le tout sur le tout ») a été l’un des inventeurs du journalisme subjectif bien avant le gonzo journalisme revenu à la mode dans vos magazines tendance…J’aimerais bien qu’on reparle un peu plus de cet homme là. J’ai pensé à lui au match Stade Français – Montpellier samedi dernier : le stade Jean Bouin va être détruit, on ne pourra plus fumer son clope sous un parapluie en haut des tribunes, le ventre noué et la chair de poule aux bras comme à l’opéra. Calet aurait été la plume idéale pour décrire la disparition d’un stade – qui n’est ni plus ni moins triste que celle d’un théâtre – lui qui a laissé ses derniers mots avant de mourir : « C’est sur la peau de mon cœur que l’on trouverait des rides. Je suis déjà un peu parti, absent. Faites comme si je n’étais pas là. Ma voix ne porte plus très loin. Mourir sans savoir ce qu’est la mort, ni la vie. Il faut se quitter déjà ? Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. »
Au café où je vais le matin, les brèves de comptoir viennent de derrière le bar. On est au café-théâtre. Ce matin, « mon » garçon de café préféré était lancé dans son one man show quotidien sur le thème de l’Afrique (ce continent que les européens voient comme un immense pays : tu parles africain toi ?). Bref, les conclusions de ce type – par ailleurs fort drôle – étaient très révélatrices de clichés méprisants qui ont la peau aussi dure que celle d’un rhinocéros blanc : « tu vois, je devrais partir en Afrique, là-bas, je pourrais avoir mon Etat à moi. (NDR : il n’y a pas besoin de compétences pour diriger un Etat africain, encore moins d’élections, c’est connu) je serais pas dictateur hein ! J’aiderais les gens et puis j’apporterais du bisness à la France… » Au fond, me suis-je dis en tentant de lire l’avenir de « l’Afrique » dans le marc de mon moka éthiopien, ce type ne dit rien d’autre que ce que la France fait en Afrique depuis 40 ans.
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